LOUD SPRING

I carry explosives, They’re called words

Welcome to Loud Spring’s Book Club!

Original book title: Je transporte des explosifs on les appelle des mots, poésie & féminismes aux Etats-Unis (I carry explosives,They’re calledwords-poetry and feminism in the United States)
Authors: Essay from Jan Clausen poetry collection from Audre Lorde, Adrienne Rich, Gloria Anzaldúa, Bell Hooks, June Jordan, Cherríe Moraga, Dorothy Allison, Assata Shakur, Robin Morgan, Mohja Kahf, Paula Gunn Allen, Nellie Wong, Irena Klepfisz, Z’étoile Imma, Kitty Tsui, Kari Edwards, Angela Moreno, Corbett, Wilmette Brown, Anna Nieto Gomez, Jayne West, Kay Lindsey, Susan Saxe, Jan Clausen. 
Translation from English to French by Oliv Zuritt and Meghan McNealy, Charlotte Blanchard, Gerty Dambury, Collectif Cases Rebelles. 
Publisher: Cambourakis. Collection: Sorcières Published in France in 2019.

We are proud to present our first selection: a collection of poems published in France by the publishing house Cambourakis as part of their collection, “Sorcières” (French for witches). Sorcières is dedicated to literature about feminism intersectionality and anti-capitalism. Cambourakis started her publishing house with the objective to translate original American texts from the 1970s in order to make them known and give them a second-life and spotlight in the French community. Since its creation in 2015, Cambourakis has doubled the works of literature offered on feminism in France.

“These texts helped me understand what was happening in activist communities in the 1970s but the more I thought about, it became apparent that they touch on topics that echo our current struggles.” Publishers interview for Actualitte.

The second reason we are so excited about this book is because it mirrors our collective, which is split between the San Francisco Bay Area and France. To launch the Sorcières collection, Cambourakis led with a translation of Starhawk’s text from Dreaming the Dark written in 1982 – Starhawk lives in California and teaches in the Bay Area and throughout Los Angeles. Most of the poetry and prose in this book, even though it is from the 1970’s, touch on topics that echo our current struggles and artistic concepts. It seems as though the recurring question on the top of our list, both then and now, is:

How can we link art to activism?

Here are a few excerpts that I found especially powerful and moving.

« Je suis une femme pleine de moi-même ». Corbett, De Simples Vérités.
« I am a woman full of myself ». Corbett, Simple Truths
« Ne m’appelez pas monsieur, appelez-moi puissante ». Kitty Tsui
« Don’t call me sir call me strong ». Kitty Tsui

Selected Poem “Hijab Scene #7 by Mohja Kahf

I chose this poem partially because it is the title of the book but also because I am deeply affected by it. As an artist I am interested in the power of self-narrative in the construction of our identities and freedom from normative constraints. I am particularly struck by the impact of the voice in this poem - veiled women are unfortunately very much underrepresented and unheard these days. Living in France, we have been witnessing a big debate around the Hijab and the veil and still have seen no resolution. My opinion is that the women who are most impacted by the outcome of this debate are severely underrepresented and not included in the media, politics or expert opinions in this debate. This is a display of social injustice right in front of our very eyes.

Titre: Je transporte des explosifs on les appelle des mots, poésie & féminismes aux Etats-Unis
Auteur : Essai de Jan Clausen et anthologie de poèmes d’Audre Lorde, Adrienne Rich, Gloria Anzaldúa, bell
hooks, June Jordan, Cherríe Moraga, Dorothy Allison, Assata Shakur, Robin Morgan, Mohja Kahf, Paula Gunn Allen, Nellie Wong, Irena Klepfisz, Z’étoile Imma, Kitty Tsui, kari edwards, Angela Moreno, corbett, Wilmette Brown, Anna NietoGomez, Jayne West, Kay Lindsey, Susan Saxe, Jan Clausen.
Trauction : de l’anglaispar Oliv Zuritt& Meghan McNealy, Charlotte Blanchard, Gerty Dambury, Collectif Cases rebelles
Editeur : Cambourakis. Collection « Sorcières »
Année de parution: 2019

Bienvenue dans le Book Club de Loud Spring !

Si nous avons sélectionné pour notre premier Bookclub ce recueil de poésie c’est pour plusieurs raisons. Premièrement, c’est une édition bilingue, les textes originaux en langue anglaise (Etats-Unis) font face à leurs traductions en français. Un intérêt certain pour notre collectif qui prend ses racines entre la France et la Baie de San Francisco! Ensuite, le recueil est édité par Cambourakis, dans la collection Sorcières, qui a depuis sa création en 2015, littéralement (et littérairement) fait doubler de volume les rayons « féminisme » de chaque bonne librairie française. On y revient plus bas. Pour finir, les poèmes qui font vibrer les pages de ce recueil semblent tous répondre à cette même question qui nous brûle les lèvres au sein de Loud Spring :

« Comment faire le lien entre création artistique et action militante? »

La collection Sorcières, créée en 2015 par Isabelle Cambourakis au sein de la maison d’edition, a pour mission de faire ressurgir des textes féministes américains des années 70. Dans ce domaine, il est clair que la transmission (et notamment, par la traduction) au public français n’avait toujours pas été accomplie, alors que ces textes résonnent avec nos luttes et réflexions actuelles. Pour combler le manque, Isabelle Cambourakis annonce la couleur en inaugurant la collection « Sorcières » avec un texte de Starhawk, Rêver l’obscur, femmes, magie et politique, écrit en 1982. L’autrice féministe et « néo-païenne », comme elle se définit elle-même, permet à la collection d’installer une ligne éditoriale écoféministe, militante et … politique.

« Ces textes m’aidaient à comprendre ce qui se passait dans les milieux militants aujourd’hui, mon idée était de montrer que les textes des années 70 étaient utiles pour penser les débats actuels », raconte l’éditrice dans son interview par Actualitte.

Voici quelques extraits que j’ai trouvé particulièrement puissants et bouleversants :

« Je suis une femme pleine de moi-même ». Corbett, De Simples Vérités.
« I am a woman full of myself ». Corbett, Simple Truths
« Ne m’appelez pas monsieur, appelez-moi puissante ». Kitty Tsui
« Don’t call me sir call me strong ». Kitty Tsui

Poème sélectionné : Hijab Scene #7 de Mohja Khaf

J’ai choisi cet extrait d’une part car cette déclaration qui a donné son titre au recueil est d’une puissance incroyable. Moi qui m’intéresse dans mes œuvres au pouvoir du récit de soi dans la construction de nos identités et dans notre émancipation face aux injonctions de normes, j’en ai été bouleversée. Il y a une deuxième raison pour ce choix. C’est un type de voix qu’on entend très peu ici en France, une voix d’une femme qui porte le voile. Voyez-vous, ici en France le voile fait débat, un énorme débat qui tourne en rond depuis des années. Il tourne en rond tout simplement parce que jamais les politiques, les médias, les « experts » n’écoutent ni ne font entendre la voix des premières concernées, à savoir les femmes qui portent le voile. Ils préfèrent supposer, préjuger, spéculer… qu’écouter. Et c’est là, à mon sens, une des plus barrières les plus redoutables à l’égalité sociale.